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Joël Legendre sort de l'ombre 16 juin 2015

Publiée le 27 juin 2015 à culturelles à 5416 vidéos S'abonner à la chaîne

Avec beaucoup de sincérité et d’émotion, l’animateur et comédien s’est confié sur la tempête qui a bouleversé sa vie, en mars, lorsque le Journal de Montréal a rapporté son arrestation, survenue en septembre dernier, au parc Marie-Victorin, à Longueuil, après qu’il eut posé des gestes indécents devant un policier.

Joël Legendre a ensuite abandonné ses engagements professionnels et s’est retiré temporairement de la vie publique, le temps de laisser retomber la poussière, mais se dit maintenant prêt à reprendre le boulot, après trois mois de thérapie. Il voudrait participer au Bye Bye 2015 et assume parfaitement qu’on se moque de «l’affaire Legendre» dans la revue de fin d’année.

Aucune question n’a été esquivée par Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain pendant l’entretien. Le duo a abordé tous les aspects de la controverse, avec énormément de respect, mais sans complaisance.

«Super nerveux. Émotif… Mais je suis content d’être ici. Ce n’est pas moi qui vais apporter le soleil aujourd’hui», a d’entrée de jeu déclaré Joël, en retenant ses larmes, lorsque Pénélope McQuade lui a demandé comment il allait.

«Pour moi, c’est une page du chapitre qui va se terminer ce soir. Quand ça arrive, c’est un choc, c’est une angoisse, qui est présente jour et nuit. Beaucoup pensent que j’ai choisi de me punir en m’arrêtant, mais moi, j’ai choisi de me reconstruire pendant ce temps. Quand ta base de maison est solide, tu n’as pas besoin d’attendre si longtemps pour que ta maison se construise après. Après trois mois, je ne suis pas complètement sorti de ça, mais mes assises sont assez solides pour vouloir recommencer le métier que j’adore», a-t-il ensuite ajouté.

Mensonge

Pénélope McQuade a récapitulé les événements tels que décrits par le Journal de Montréal en mars : le constat d’infraction contre Joël émis en septembre, la confrontation avec la journaliste alors que Joël était en voiture dans le stationnement de Rouge FM, puis le mensonge de ce dernier, qui avait alors prétendu avoir été intercepté pour avoir uriné contre un arbre.

Pourquoi avoir menti?, a demandé Pénélope.
«Mon réflexe est de mentir parce que je suis en compagnie de mes trois enfants dans la voiture, a raconté Joël, des sanglots dans la voix. Mon fils est à côté, mes deux jeunes filles sont derrière. Mes filles ne peuvent pas comprendre, mais mon gars a 13 ans. Et la journaliste est très insistante. Le photographe est là et me photographie comme si j’étais un criminel. Comme, je pense, tout père qui veut protéger sa famille, je ne l’ai pas dit. […] Et ça ne lâchait pas. J’étais en voiture et ça criait encore derrière… J’ai menti pour protéger ma famille et mon intégrité de père.»

«J’ai failli»

«Qu’est-ce qui amène un gars à poser un geste comme ça? Qu’est-ce que t’as fait?», a tout de suite enchaîné Jean-Luc Mongrain, avec son aplomb habituel.

«C’est une question qui est revenue souvent, a répondu Joël, dans un éclat de rire contrit. Les trois derniers mois, je ne les ai pas passés en vacances. Je les ai passés à me rebâtir, mais en consultant. J’ai été en thérapie, et les premières semaines, c’était trois heures par jour, tous les jours. J’ai voulu comprendre, moi aussi, pourquoi.»

«On naît tous avec des blessures, a-t-il continué. Dans mon temps, le taxage, ça n’existait pas. À l’école, pour moi, de l’âge de 5 ans à l’âge de 16 ans, tout mon primaire et mon secondaire, tous les jours, c’était un calvaire. J’étais rejeté, j’avais honte d’être qui je suis. On peut imaginer qu’un petit gars qui veut danser la claquette parmi des gens qui, eux, rêvent d’être fermiers, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là-dedans. Ce que j’ai appris, que je vois maintenant, c’est que la façon dont on doit me traiter, c’est en me rejetant et en me faisant honte. Et si on ne me le fait pas, je vais le faire moi-même…»

Joël Legendre a acquiescé à la suggestion de Pénélope McQuade, qui évoquait un suicide professionnel, allant jusqu’à parler d’un suicide personnel également.

«J’ai laissé mourir l’ancien Joël pendant ces trois mois-là. J’ai vu tout ce que j’ai fait pour ne pas arriver à ça, mais, infailliblement, j’y suis arrivé. La vie va mettre sur ton chemin les obstacles dont tu as besoin pour comprendre ce que tu as à comprendre.»

«À 37 ans, j’ai commencé à avoir la carrière dont je rêvais. Je me suis jeté là-dedans. Les gens autour de moi m’aimaient, les producteurs me voulaient, mes compagnons de travail m’acceptaient comme j’étais, le public m’aimait… Je n’étais rejeté par personne. Un psychologue m’a dit qu’après chaque moment de lumière, l’ombre réclame son dû. Moi, l’ombre, je ne m’en étais jamais occupé. […] Je ne bois pas, je ne fume pas, je suis végétarien, je m’entraîne, je suis parfait, parfait, tout va bien dans mes affaires. Et, à un moment donné, ça ne se peut pas. Un être humain est un être humain et j’ai failli, c’est tout.»

«Cette entrevue que je donne là sera ma dernière, je ne reparlerai plus de ça. Parce que ça me replonge dans l’ombre. Ce que j’essaie de faire depuis trois mois, c’est de retrouver l’estime de moi.»

Suicide

Joël Legendre a mentionné la honte et la culpabilité qui l’ont assailli face à ses proches, au plus fort du tumulte. Il a souligné la résilience de son fils aîné et le fait que, l’intimidation étant sévèrement punie à son école, le préadolescent n’a pas souffert de railleries suite à la médiatisation du geste de son père. Non, le gamin n’a pas été sorti de l’école comme une rumeur l’avait laissé entendre ; c’est même lui qui insistait pour aller retrouver ses camarades tous les jours.

Sans détour, Jean-Luc Mongrain a demandé à Joël si un hétérosexuel aurait reçu le même traitement, publiquement, que lui, qui est homosexuel.

«C’est sûr que, quand tu es différent, tu es toujours porté à être jugé différemment. Mais je suis pas ici pour faire pitié. J’étais là pour montrer mes beaux moments de lumière, et je viens ici aujourd’hui, courageusement, pour parler de mes moments d’ombre aussi. Je ne suis pas juste dans le flash.»

Encore avec des trémolos dans la voix, l’ex-tête d’affiche de Rouge FM a admis avoir pensé sérieusement au suicide, pour exprimer comment il se sentait dans la fameuse semaine de mars, lorsque tout a éclaté.

«C’est l’horreur. C’est, toujours, d’hésiter entre : est-ce que la vie vaut la peine d’être vécue, ou alors cette souffrance que je vis est trop forte? Est-ce que je mets fin à cette vie-là? J’ai pensé au suicide. Mais ce qui m’a ramené, ç’a été de penser à mon fils que j’ai été chercher, qui a été abandonné, et je me suis dit : tu n’iras pas abandonner une deuxième fois cet enfant-là!»
D’où la thérapie qui l’a redirigé vers la lumière. Il forme toujours un couple avec son amoureux.

«Bien sûr. J’ai le conjoint le plus merveilleux du monde. Je me fais encore confiance et je rebâtis mon estime de moi-même. Je n’ai plus rien à perdre. Tout a été dit et redit sur cette situation-là, et même un peu plus…»

Pardonner

Joël Legendre dit comprendre que des gens aient été profondément choqués par son geste, conscient qu’il pratique un métier où l’image prédomine.

«Dans mon cas, c’est un anti-casting. Ce genre d’événement pourrait arriver à une autre personnalité et ça passerait mieux parce qu’ils ont le casting qui vont avec. Moi je n’avais pas le casting qui allait avec la faute.»

Attristé d’avoir perdu son contrat à Rouge FM, il affirme être déçu de n’avoir pu adresser ses adieux aux auditeurs. Son contrat n’a pas été renouvelé pour l’an prochain. Ses émissions à Canal Vie ont, en revanche, toutes été reconduites, et il assure la mise en scène du défilé de la Fête nationale, qui paradera sur la rue Saint-Denis le 24 juin. En ce qui a trait au Bye Bye 2015, il se fait bon joueur.

«Je serais très heureux de faire partie du Bye Bye. J’ai entendu Louis Morissette dire que, de son côté, il voudrait bien me reprendre. Si je fais le Bye Bye, je ne pourrai pas me permettre de parodier des gens et de ne pas parodier l’affaire Legendre. Ça va avec, ça fait partie de ma job. Ça ne veut pas dire que je vais jouer mon propre rôle. Mais, connaissant Louis Morissette, je pense que je vais être dans le sketch! (rires)»

En terminant, Joël Legendre a chaleureusement remercié les gens du public qui lui ont offert leur appui dans les derniers mois. Sur le point de fondre en larmes, il s’est ouvert le cœur : «Si vous saviez combien ça fait du bien, tous les mots, quand on lit ça, sur la rue… Dans les premières semaines, les gens ne savaient pas quoi me dire. Ça faisait juste s’avancer, ça me serrait fort, fort, et ça partait. C’était incroyable! Ça me touche, parce que c’est de la reconnaissance, et j’en ai un peu besoin. On dit souvent «les gens ordinaires», mais pour moi, c’est fini à jamais. Ce sont des gens extraordinaires!»

«Je pense que le pardon est possible, et moi je suis en train de le faire présentement avec tous les acteurs de ce scénario dont j’ai fait partie, un scénario d’horreur. Je n’ai pas envie de me mettre à détester des gens, tout au long de ma vie. Que ceux qui ne me pardonnent pas, c’est correct aussi. Mais moi, je veux pardonner à ceux qui m’ont fait vivre ça. Sinon, je ne serai pas un être humain épanoui.»

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