Ancienne compagnie de bière O'keefe ( Dow Brewery)
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Publiée le 29 janvier 2011
Voici un peu d'histoire concernant la Dow Brewery:

La brasserie Dow était une des principales brasseries au Québec jusque dans les années 1960. Elle fut fondée par Thomas Dunn en 1790, seulement quatre... ( plus )
Voici un peu d'histoire concernant la Dow Brewery:

La brasserie Dow était une des principales brasseries au Québec jusque dans les années 1960. Elle fut fondée par Thomas Dunn en 1790, seulement quatre ans après la fameuse brasserie Molson, dans le quartier de Sault-Saint-Louis à La Prairie, au sud de Montréal. Au cours du XXe siècle, l'industrie brassicole se consolide au Canada et la brasserie Dow fusionne avec d'autres brasseries et poursuit sous le nom de National Breweries Co. Le groupe reprend en 1952 le nom de Dow, sa plus populaire production. La brasserie Dow est finalement absorbée par la brasserie Carling-O'Keefe en 1967 à la suite d'un incident qui a terni sa réputation.
La brasserie produisait des bières de type ale sous les noms de Dow et Black Horse, ainsi que la lager Kingsbeer.


En 1909, la Dow fusionne avec les brasseries Dawes de Lachine, la Eckers et la Union, et l'entreprise prend le nom de National Breweries Co. Le but de la fusion est de réduire les coûts de fabrication et de mise en marché. En 1926, le groupe absorbe la brasserie Frontenac qui était mal-en-point après une guerre de prix avec ses concurrents[2].
La National Breweries est vendue en 1952 à la Canadian Breweries et le groupe est rebaptisé Brasserie Dow, Dow étant sa marque la plus populaire et un des meilleurs vendeurs au Québec[3]. En 1953, la compagnie s'étend vers l'Ontario en achetant la Ranger Brewing Company, brasserie de Kitchener. Cette usine est fermée en 1961 quand Dow en achète une autre plus moderne à Toronto. Une filiale est établie dans l'Ouest du Canada sous le nom de Dow Brewery (Western) Limited pour desservir le Manitoba et l'Alberta à partir de Calgary. Cependant, soixante-dix pour cent de la production est brassée à Montréal.


Entre août 1965 et avril 1966, 48 patients se sont présentés dans les hôpitaux de la région de Québec souffrant d'une cardiopathie inhabituelle. Les docteurs Mercier, Têtu et Morin établirent un lien possible avec la consommation de bière Dow[6].
Le 26 mars 1966, le journal La Presse de Montréal rapporte : « Ottawa enquête à Québec sur la mort étrange d'une quinzaine de personnes ». L'article mentionne que l'enquête conduite par le Service des aliments et des drogues du ministère fédéral de la Santé porte sur des buveurs de bière qui sont morts d'une insuffisance cardiaque. Il est mentionné qu'il s'agit de grands consommateurs de bière, mais dans les jours suivants, la une des différents quotidiens de Montréal et de Québec propagent une rumeur : les victimes sont mortes après avoir consommé de la bière fabriquée par la brasserie Dow de Québec[7].
Les journalistes rapportent qu'une enzyme était ajoutée pour favoriser la production de mousse et qu'elle était soupçonnée d'être la cause des décès[7]. Eric Kierans, ministre provincial de la Santé de l'époque, fait une déclaration ministérielle le 30 mars dans laquelle il cite un médecin de la ville de Québec comme source de cette analyse. Le ministre souligne cependant que la brasserie a fait l'objet d'une inspection rigoureuse et que rien n'indique qu'il y ait eu contamination de la bière[7].
La nouvelle se répand rapidement dans la population et les ventes des bières de Dow chutent dramatiquement. Pour calmer le jeu, la brasserie annonce par un communiqué de presse le 31 mars qu'elle suspend la production de la bière Dow à sa brasserie de Québec jusqu'à la fin de l'enquête et qu'elle détruira les stocks restants. Ces efforts sont mal perçus par la population qui y voit plutôt une reconnaissance de sa culpabilité[7].
En l'espace d'un an, la brasserie Dow perd pratiquement toutes ses parts de marché au Québec, elle qui représentait alors 51 % des ventes à l'échelle provinciale et environ 85 % de celles dans la région de Québec[7]. Dow ne se relève pas de ces manchettes, malgré les rapports d'enquête qui démontrent l'absence de lien de cause à effet entre les produits de la brasserie et les décès. En fait, la forte consommation de bière des victimes en était probablement la cause. Par ailleurs, il n'a jamais été signalé que d'autres brasseries canadiennes de l'époque utilisaient à titre expérimental le même produit et qu'il est utilisé couramment par les brasseries américaines[7].
Pendant l'enquête, la Kingsbeer et la Black Horse, deux bières qui appartiennent à Dow, continuent d'être brassées à l'usine de Québec[8]. En 1967, la brasserie Dow est vendue à la O'Keefe, mais la marque persiste et gagnera même des prix internationaux en 1968, 1969 et 1970 (voir l'étiquette)[8]. Elle survit aussi à la fusion de Carling-O'Keefe avec Molson en 1989. Ce n'est que 31 ans après l'affaire des morts suspectes, en 1998, que la bière Dow disparaît.

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