Pierre Le Moyne D'Iberville, Héros Québécois.
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Publiée le 20 juillet 2011
Conférence de Marcel Lussier.
Et pour donner le cadre d'ensemble de cet événement le texte de Mario Beaulieu et Christian Gagnon publié dans le journal Le Devoir
350e anniversaire de naissance d’Iberville,... ( plus )
Conférence de Marcel Lussier.
Et pour donner le cadre d'ensemble de cet événement le texte de Mario Beaulieu et Christian Gagnon publié dans le journal Le Devoir
350e anniversaire de naissance d’Iberville, héros oublié
Mario Beaulieu, Christian Gagnon (ing.)
Le Devoir (opinions)
mercredi 20 juillet 2011

C’est le propre des peuples fiers que de célébrer leurs héros et leurs victoires. C’est d’ailleurs le rôle de l’État de cultiver cette fierté en soulignant les grands anniversaires de ses plus glorieux personnages et événements. Aussi, le choix de ce qui est jugé valoir un tel effort en dit long sur la psyché de ce peuple. En 1976, les États-Unis ont souligné de façon festive et grandiose les 200 ans de leur guerre d’indépendance. En 1989, la France a célébré dans le faste le bicentenaire de la prise de la Bastille.

Mais au Québec, on ne veut surtout déranger personne ou même risquer de le faire. Ainsi en ce 20 juillet, le 350e anniversaire de naissance de Pierre Lemoyne d’Iberville n’aura fait l’objet d’aucune commémoration officielle.

D’Iberville est réputé être le plus illustre des fils de la Nouvelle-France. Ce Montréalais de naissance dirigea la conquête de la baie d’Hudson, puis chassa presque entièrement les Anglais de Terre-Neuve et du Labrador. Il fonda la Louisiane, dont il fut le premier gouverneur, puis conquit l’île anglaise de Nièves, dans les Caraïbes.

C’est de loin notre plus grand conquérant. Mais il ne faudrait surtout pas contrarier quelqu’un pouvant possiblement davantage s’identifier à ceux que d’Iberville a vaincus. Alors, tant par l’administration municipale de Montréal que par le gouvernement du Québec, ce grand anniversaire a été tu.

Mais ailleurs...

En juillet 2008, la Nouvelle-Écosse a célébré pendant une semaine les 250 ans de la prise de la forteresse de Louisbourg par les troupes de James Wolfe, même si cela a permis de mener à terme la déportation des Acadiens. En 2009, la Commission nationale des Champs de bataille nous avait organisé une semaine de célébrations — heureusement annulées — pour souligner les 250 ans de la bataille des plaines d’Abraham qui se conclut par la destruction totale de la ville de Québec.

Pas plus tard que le 12 juillet dernier et comme tous les ans, des orangistes ont défilé dans les rues de Toronto pour célébrer la victoire de l’armée protestante de Guillaume d’Orange qui, en 1690, prit ainsi possession de l’Irlande et massacra ses habitants.

À l’opposé, tandis qu’à Montréal, la maison du patriote Louis-Hippolyte Lafontaine, toujours laissée à l’abandon, n’en finit plus de décrépir, les 350 ans de Pierre Lemoyne d’Iberville, né sur la rue Saint-Paul, sont passés à la trappe. Cet été, on a plutôt préféré organiser un triomphe à deux membres de la famille royale britannique même si le bilan militaire et législatif de ce qui a été perpétré au Québec au nom de cette Couronne depuis 250 ans est on ne peut plus répressif à l’encontre des francophones.

Se pourrait-il que les Québécois aient un complexe avec la victoire ? Qu’ils aient du mal à s’identifier à des gagnants ? Ou qu’ils soient trop gentils pour le faire ? La question mérite d’être débattue.

Pour ses 350 ans, Pierre Lemoyne d’Iberville aurait mérité mieux que l’assourdissant silence de ce pourtant grand jour. Mais l’année de cet important anniversaire se poursuit. Souhaitons que la rentrée nous réserve des sursauts d’honneur.

***

Mario Beaulieu, président et Christian Gagnon, conseiller général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

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